Voilà, j’y étais. Le douanier qui me faisait face agitait frénétiquement devant moi un papier jaune. À en juger par les pulsations de sa carotide, il était à deux doigts d’exploser. Je ne comprenais pas un mot à ce qu’il racontait mais j’aimais sa façon de rouler les «R» comme le font les Argentins.
Retour en arrière Je m’appelle Paul et je menais à Munich une vie plus ou moins normale. Mon diplôme technique presque en poche, moins de trente ans, de bonnes perspectives d’emploi. Mon avenir tout tracé ? Une maison dans la banlieue de Munich avec un petit jardin, une carrière dans les bureaux d’un grand groupe et un break haut de gamme bleu dans mon garage : bref, une vie bien tranquille. Mais les choses ont suivi un autre cours, comme je vais vous le raconter.
Alice la Cooper : de la bourse automobile allemande en ligne au bateau pour l’Argentine
La fin de mes études approchant, j’ai soudain eu cette idée : voir l’Amérique du Sud, en MINI. « En quatre-quatre, tout le monde peut le faire », ai-je répondu à un ami qui me demandait pourquoi. Sans plus attendre, j’ai réservé un transport de véhicule sur un bateau ralliant Hambourg à Buenos Aires. C’est lorsque la compagnie maritime m’a demandé le numéro de châssis du véhicule que le problème m'est apparu : je n’avais pas encore de MINI. Mais je pouvais déjà la voir et l’imaginer. Elle serait rouge, car c’est la couleur qui va le mieux à l’Amérique du Sud, ce serait une Cooper et naturellement une Cabrio. Car c’est encore plus dingue et qu’on peut voir encore plus de choses sans toit. Et puis j’en ai trouvé une sur Internet. Elle était nickel malgré ses nombreux kilomètres au compteur. Je l'avais à peine essayée que j'en suis tombé amoureux. Mais je ne pouvais pas l’emmener tout de suite. « J’en ai encore besoin pendant quinze jours. » Aïe, ça risque d’être juste compte tenu du délai d’embarquement.
Un tumulte bigarré : la capitale argentine entre petits spectacles, sport et embouteillages
Deux semaines plus tard : « Tu crois qu’on peut encore arriver au port avant 8h ? » Mon ami ne réagissait pas à ma question. Depuis environ une heure qu’il était assis au volant avec un sourire niais, il ne quittait plus la voie de gauche. « 188 km/h ! Je peux faire encore mieux ! » D’ordinaire, il aurait traité de chauffard imprudent quiconque aurait dépassé les 100 km/h. Nous y sommes parvenus ! À la dernière minute, ma MINI s’est embarquée sur le pont du bateau. Le voyage pouvait commencer.
Embouteillage : avec le toit ouvert, chaque carrefour donne immédiatement lieu à des négociations de vente
J’y étais donc. Qui aurait cru que l’aventure aurait commencé ici, devant ce monsieur de la douane argentine…ou même qu'elle devrait peut-être déjà s’arrêter là ? Il continuait de gesticuler avec son papier jaune. Heureusement, Gabi (ma courtière de douane) est arrivée. Après qu'elle eut fait la bise au douanier et qu'elle lui eut remis le document manquant, ce dernier se calma instantanément, tel un chien aboyant récompensé par son maître avec une friandise.
Buenos Aires : des millions d’habitants, des bâtiments impressionnants, des chiens en nombre, et quelques MINI
Port de Buenos Aires : des globe-trotters allemands et leur bolide marqué par le voyage
Je pris la route et m’enfonçai dans une masse statique de phares. Heure de pointe à Buenos Aires. Deux heures et demie et deux litres de sueur de mains plus tard, j’avais enfin parcouru les 10 km jusqu'à chez mon ami Pablo. Cette première excursion en Amérique du Sud à bord de ma MINI m’avait exténué. Pablo l'a bien compris, et il a sorti une bonne bouteille de whisky rangée derrière une armoire. Avant d'aller au lit, j'ai rendu une dernière visite à ma voiture. C’était à peine croyable, nous l’avions fait ! Des kilomètres et des kilomètres d’asphalte brûlant, de virages tortueux et de paysages à couper le souffle nous attendaient encore : bref, un beau programme en perspective pour la plus grande aventure de ma vie. « Bonne nuit. » J’ai donné une derrière tape sur l'arrière de ma MINI et je suis allé me coucher.
Love this story and cannot wait to hear more on the journey... As I drive to work today (in my red convertable Cooper S with top down) will be thinking of Paul cruising where no Mini has been before....